Le constructeur breton de maisons Batinéo compte doubler son chiffre d’affaires pour le porter à plus de 100 millions d’euros. Pour cela, il projette de poursuivre son maillage de la France et mise sur les nouvelles technologies. Il vient ainsi de lancer un configurateur en Bretagne et en Normandie, permettant à tout un chacun de créer sa maison. Cette PME bretonne est l’un des rares constructeurs de maisons individuelles à avoir réussi à augmenter son chiffre d’affaires ces dernières années en France. L‘activité de Batinéo, dont le siège social est à Saint-Malo, est ainsi passée de 34 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022 à 6millions d’euros en 2025. Une performance lorsque l’on sait que la crise immobilière a mis à terre les principaux acteurs du marché. Le numéro 2 (Geoxia) a déposé le bilan en 2022, le numéro 3 (AST) a fait de même en 2024. Le numéro 1 (le groupe normand Heaxom) a, lui réduit ses effectifs, les passant de 2 000 salariés à 1 400 aujourd’hui.
Stratégie de croissance externe
Deux facteurs expliquent la prouesse de Batinéo, contrôlé à 51 % par le groupe Duval (les DG de Batinéo, Pascal Buet et Simon Grueau, détenant les 49 % restants). Le premier, c’est que l’entreprise de 150 salariés a procédé à des croissances externes, avec le rachat de Maisons Bessin en Normandie en 2022 et de Clair Logis dans le sud-est de la France en 2024. Ces deux marques de construction de maisons, avec Maisons Demeurance en Bretagne, sont exploitées par des agences en propre, Batinéo étant aussi à la tête de deux réseaux de franchises (Naturéa et Doréa, qui totalisent 20 agences).
Un positionnement sur le moyen de gamme
Ce qui explique aussi la résilience de Batinéo, c’est son positionnement, explique Davy Courvoisier, directeur opérationnel de Batinéo. “Maisons Demeurance est très orienté moyen de gamme et secondo-accédant, un segment qui a moins été affecté par la crise. Avec la fin du prêt à taux zéro pour les maisons neuves (de janvier 2024 au printemps 2025, NDLR), le marché de la primoaccession s’est écroulé”, précise-t-il. Le retour du PTZ sur ce segment de marché a apporté un nouveau souffle, avec des ventes qui ont bondi en 2025 de 33 % par rapport à 2024, selon la Fédération française du bâtiment.
Cap sur les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires
Ce rebond nourrit les ambitions de Batinéo. La PME table sur 80 à 85 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année et 105 à 115 millions d’euros en 2027. Outre, la construction de maisons individuelles (59 % du CA en 2025), l’entreprise propose une activité de promotion immobilière de maisons pour les bailleurs sociaux (36 %) ainsi que de la rénovation, pour tout type de bâtiment.Pour dépasser le cap des 100 millions d’euros, Batinéo compte poursuivre son maillage de l’Hexagone, constitué de 56 points de vente à ce jour. L’ambition : “couvrir l’ensemble du territoire”, fixe Davy Courvoisier. Cela va passer par l’ouverture de nouvelles agences – la dernière vient de voir le jour en juin à Arras – et par des opérations de croissance externe.
Un configurateur de maisons pour attirer les clients
L’entreprise compte aussi sur de nouveaux moyens en marketing (l’effectif du service est passé d’un à quatre collaborateurs) et parie sur les nouvelles technologies. Batinéo vient ainsi de lancer un configurateur de maisons 3D. En s’appuyant sur des modèles préenregistrés et assistés par une intelligence artificielle, les futurs clients “sont invités à construire eux-mêmes et à visualiser leur future maison”, avec un outil en ligne “utilisable par tout le monde”, assure Davy Courvoisier. Les internautes peuvent ainsi enlever une cloison, ajouter des fenêtres, tester différents revêtements extérieurs, choisir la décoration intérieure… Le projet est ensuite repris par les équipes et les logiciels de Batinéo. Ayant nécessité un investissement de plusieurs dizaines de milliers d’euros, ce configurateur reste un outil marketing. “Il va permettre de générer des leads, d’être plus visibles sur internet et de contacter beaucoup plus de prospects”, indique Davy Courvoisier. Il est aussi utilisé par les commerciaux comme un outil d’aide à la décision. Décliné chez Maisons Bessin et Demeurance, le configurateur est en train d’être déployé chez Clair Logis. Il le sera “probablement”, dixit Davy Courvoisier, au sein des deux réseaux de franchises.